L’inflation désigne une augmentation durable et généralisée du niveau des prix des biens et des services dans une économie. Elle est généralement mesurée sur une base annuelle et exprimée en pourcentage. Lorsque l’inflation progresse, le pouvoir d’achat de la monnaie diminue, car une même unité monétaire permet d’acheter une quantité plus faible de biens ou de services.
Le pouvoir d’achat constitue donc un indicateur central pour comprendre les effets de l’inflation. Par exemple, avec un taux d’inflation annuel de 2 %, un bien coûtant 1 euro aujourd’hui coûtera théoriquement 1,02 euro un an plus tard. À long terme, cette érosion monétaire pose la question de la capacité de l’épargne et des revenus à suivre l’évolution des prix. Les effets de l’inflation sur le pouvoir d’achat sont régulièrement évalués à partir des données statistiques publiées par les organismes publics, afin de mesurer l’écart entre l’évolution des revenus et celle des prix.
L’inflation ne résulte pas d’un mécanisme unique. Elle peut être provoquée par des facteurs liés aux coûts de production, à la demande, à la politique monétaire ou encore aux échanges internationaux. On distingue ainsi plusieurs types d’inflation, selon leur origine et leur dynamique.
Inflation : cadre de mesure et données officielles
Le panorama de l’inflation en France sur les six dernières décennies révèle une mutation profonde des cycles économiques. Après la phase de haute inflation des années 1970-1980 (marquée par les chocs pétroliers et la spirale prix-salaires), l’économie est entrée dans une période de grande modération sous l’égide des politiques monétaires de la BCE. Le pic exceptionnel observé entre 2021 et 2023 — déclenché par des chocs d’offre et des tensions géopolitiques — a cédé la place à une phase de désinflation ordonnée. En ce début d’année 2026, les données confirment une stabilisation des prix autour de la cible structurelle de 2 %, marquant la résilience du pouvoir d’achat face aux volatilités exogènes. Cette trajectoire illustre parfaitement le passage d’une inflation « subie » (par les coûts) à une inflation « pilotée » par les instruments monétaires contemporains.

Graphique historique de l’inflation en France 1960-2026, montrant les pics des chocs pétroliers, la stabilité de la zone euro et la normalisation post-crise de 2022.
L’inflation est mesurée par des indicateurs statistiques publiés par des organismes officiels. En France, l’évolution des prix à la consommation est suivie par l’INSEE, tandis que l’inflation dans la zone euro est analysée par la Banque centrale européenne.
Ces institutions publient régulièrement des données chiffrées permettant de mesurer :
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le taux d’inflation annuel,
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l’évolution des prix des biens et des services,
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et l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages.
Les chiffres de l’inflation sont mis à jour de manière périodique afin de refléter l’évolution récente de l’économie.
Inflation par les coûts
Inflation du coût des matières premières
L’inflation du coût des matières premières apparaît lorsque la hausse des prix des ressources essentielles, comme le pétrole, le gaz ou les métaux, entraîne une augmentation des coûts de production. Les entreprises répercutent alors ces coûts supplémentaires sur les prix finaux des biens et services. Les chocs pétroliers constituent un exemple classique de ce mécanisme inflationniste.
Les hausses de prix des matières premières sont suivies par des indicateurs économiques internationaux, qui permettent d’analyser leur contribution à l’inflation globale dans les économies nationales.
Inflation du coût du travail
L’inflation du coût du travail se produit lorsque les salaires augmentent plus rapidement que la productivité. Dans ce cas, les entreprises voient leurs coûts salariaux progresser et compensent cette hausse par une augmentation des prix. Ce phénomène peut conduire à une dynamique cumulative connue sous le nom de spirale prix-salaires, dans laquelle hausses salariales et hausses de prix se renforcent mutuellement.
Les relations entre salaires, productivité et inflation font l’objet d’analyses économiques régulières, notamment dans le cadre des études sur la spirale prix-salaires.
Inflation des coûts d’intérêt
Lorsque l’inflation réduit la valeur réelle de la monnaie, les taux d’intérêt ont tendance à augmenter. Les entreprises dépendantes du crédit subissent alors une hausse de leurs charges financières. Ces coûts d’intérêt supplémentaires sont souvent intégrés dans les prix de vente, contribuant à une inflation additionnelle.
Inflation liée à la demande
Inflation de la consommation
L’inflation de la consommation se manifeste lorsque la demande globale des ménages dépasse les capacités de production de l’économie. Elle peut résulter d’augmentations de salaires, de facilités de crédit ou de prestations sociales élevées. Dans un contexte de plein emploi, cette pression de la demande se traduit par une hausse des prix.
Inflation des investissements
On parle d’inflation des investissements lorsque les entreprises, anticipant une croissance future favorable, investissent massivement au-delà des capacités de production du secteur des biens d’équipement. Cette situation entraîne une hausse des prix des biens d’investissement, qui se diffuse ensuite vers les biens de consommation.
Inflation des bénéfices
L’inflation des bénéfices apparaît lorsque les entreprises augmentent leurs marges dans un contexte de forte demande ou de concurrence limitée. Ce type d’inflation est caractérisé par une hausse des prix qui ne correspond pas uniquement à une augmentation des coûts, mais aussi à une volonté d’accroître les profits.
Inflation de l’État
L’inflation de l’État survient lorsque les dépenses publiques sont financées par la création monétaire ou par un endettement excessif auprès de la banque centrale, sans augmentation correspondante de la production de biens et services. Les dépenses militaires, les conflits armés ou certains programmes publics financés par le crédit peuvent favoriser ce type de dynamique inflationniste.
Inflation importée
L’inflation importée résulte de l’interaction entre l’économie nationale et l’économie mondiale. Elle peut apparaître lorsque des excédents commerciaux entraînent un afflux de capitaux étrangers sans augmentation de l’offre intérieure. Elle peut également être amplifiée par des hausses de prix à l’étranger, que les producteurs nationaux répercutent sur le marché intérieur.
Inflation selon son mode d’expression
Il existe une distinction entre l’inflation mesurée par les indicateurs statistiques officiels et l’inflation perçue par les ménages. L’inflation officielle repose sur des indices calculés à partir de paniers de consommation représentatifs, tandis que l’inflation perçue dépend des dépenses effectivement supportées par les consommateurs.
Cette différence explique pourquoi le ressenti inflationniste peut parfois diverger des chiffres publiés.
Inflation ouverte
L’inflation ouverte se caractérise par une hausse visible et continue des prix. Les anticipations inflationnistes incitent les consommateurs à acheter plus rapidement et les producteurs à restreindre l’offre, ce qui accélère la circulation de la monnaie et renforce le processus inflationniste.
Inflation cachée
L’inflation cachée apparaît lorsque les autorités publiques tentent de contenir la hausse des prix par des mesures administratives, comme le gel des prix ou le rationnement. La pression inflationniste persiste alors sous d’autres formes, notamment à travers des pénuries ou l’émergence de marchés parallèles.
Inflation selon son intensité
Inflation rampante
L’inflation rampante correspond à une augmentation lente et modérée des prix. Elle est généralement considérée comme compatible avec une croissance économique stable et constitue une situation fréquente dans les économies contemporaines.
Les situations d’inflation élevée, galopante ou d’hyperinflation sont documentées à partir de données économiques internationales, permettant d’identifier les pays et les périodes concernées.
Inflation galopante et hyperinflation
L’inflation galopante désigne une hausse rapide et incontrôlée des prix sur de courtes périodes. Dans ses formes extrêmes, elle devient une hyperinflation, caractérisée par une perte massive de valeur de la monnaie et une désorganisation profonde de l’économie.
Données économiques et actualisation de l’inflation
Les niveaux d’inflation évoluent dans le temps en fonction de la conjoncture économique, des politiques monétaires et des chocs externes. Les données chiffrées les plus récentes sont publiées par les institutions statistiques et monétaires, permettant de suivre l’évolution de l’inflation à court et moyen terme.
Pour connaître les taux d’inflation actuels, les analyses économiques s’appuient sur les dernières publications officielles.