Emma, 21 ans : « mon projet de bibliothèque urbaine pour promouvoir la lecture »

Bonjour Emma, peux-tu te présenter ?

Bonjour, j’ai 21 ans, je suis étudiante en première année de Master « design projet » à l’université de Strasbourg. Mes études articulent la théorie et la pratique. Elles entretiennent ma curiosité, et un sens de la créativité. Je lis, je regarde beaucoup de films, et je suis passionnée par tout ce qui fait écho au design : le graphisme, la scénographie… J’aime partager avec mes amis, ma famille ce que je fais, ce qu’ils font ce que j’aime et ce qu’ils aiment.

Je sais que tu es aussi une passionnée de littérature. Ca explique peut-être ton projet de bibliothèque urbaine. Présente –nous « A lu ».

J’ai réalisé ce projet avec une amie de ma promotion : Iris Ancelin. La lecture c’est pour beaucoup un échappatoire, comme le cinéma, une activité qui stimule l’imagination. Selon nous c’est une activité reposante, pédagogique et culturelle qu’il faut partager et suggérer à autrui. « A lu » c’est une bibliothèque urbaine qui encouragerait un processus de l’échange pour plus de culture et plus de loisir dans la ville. Comme la couette ou la tente sous laquelle on se cache éclairé à la lampe torche étant enfant, cette proposition formelle offre de nombreux avantages, à commencer par la protection des livres.

Derrière « A lu » il y a aussi un jeu de mot. Explique-nous l’aspect écologique de ton projet.

L’éco-conception est un terme désignant la volonté de concevoir des produits respectant les principes du développement durable et de l’environnement. Conçue uniquement en feuilles d’aluminium pliées, la bibliothèque urbaine varie de taille en fonction des espaces disponibles dans la ville. Elle comporte un nombre varié de modules identiques. Pour créer un effet graphique et une disposition aléatoire de niches, il suffit de faire une rotation horizontale du module à 180 degrés. L’aluminium se justifie parfaitement dans le principe de l’objet. De l’éco-conception pour un projet lui même écologique et participatif.

Comment vous est venue cette idée ?

On souhaitait concevoir un objet qui réponde à une logique d’éco-conception en lui attribuant une dimension participative dans un milieu urbain. Nous nous sommes intéressées au système de troc et d’échange. Bien souvent ce système nécessite une organisation spatio-temporelle précise. C’est en réinterprétant le principe de l’échange, et en le rendant plus instinctif que nous avons imaginé une bibliothèque urbaine, qui permette aux utilisateurs de déposer et prendre des livres comme bon leur semble, offrant un second souffle aux vieux livres qui dorment dans nos armoires. C’est un projet humaniste qui encourage une population à partager avec des inconnus et à établir un dialogue spontané à propos d’un livre trouvé au hasard dans cette bibliothèque.

Beaucoup diront que c’est un projet voué à une détérioration dans un espace public et qu’il ne tient pas la route. Pourtant, Iris et moi même pensons réellement qu’en écartant ce genre de propositions participatives, nous entretenons une peur et mettons à l’écart de beau projets utiles, culturels et écologique. C’est un système qui fonctionne déjà en Allemagne, pourquoi pas ici ?

Quelle est la prochaine étape pour votre projet ?

Nous participons au concours Eco Alu. Ce concours est une excellente opportunité pour nous de faire voir ce projet et est peut être une possibilité d’aide financière. On espère qu’il va susciter de l’intérêt au près des internautes et la votre aussi !