Comment visualiser le temps pour mieux entreprendre ?

Dans un précédent article nous découvrions pourquoi nous percevons tous le temps de manière différente. Aujourd’hui je voudrais m’attarder sur deux grands modèles de représentation du temps qui expliquent des différences culturelles entre Orient et Occident. Puis nous nous interrogerons pour savoir quelle vision du temps est la plus efficace pour ceux qui veulent entreprendre, oser et réussir.

Le modèle occidental

En Occident, nous percevons le temps de manière linéaire. C’est à dire que le présent est un point sur une ligne, avec le passé à sa gauche et le futur à sa droite. Consciemment ou non le passé a un certain poids : notre histoire et nos expériences influencent notre présent. Le futur lui peut dégager une certaine fatalité : ce sont les attentes de notre entourage et la société en générale. Ces pressions peuvent nous empêcher d’utiliser pleinement notre potentiel, de suivre nos envies et vivre la vie dont on rêve.

Le modèle oriental

Dans le monde oriental, la perception du temps y est différente. Les gens se représentent le temps de manière cyclique. En effet la Nature elle-même fonctionne de manière cyclique : les saisons, notre rythme biologie ou même l’Histoire par exemple. Les événements se répètent et s’imposent aux hommes.

Devenir libre du temps : ce qu’en disent les Stoïciens

Voici deux extraits des Pensées à moi-même de Marc Aurèle, grand philosophe stoïcien.

Même si tu dois vivre trois mille ans, même si tu en dois vivre trente mille, rappelle-toi néanmoins que nul n’a à perdre qu’une vie, celle qu’il vit, et n’en vit qu’une, celle qu’il perd. En effet le présent est égal pour tous, donc pour tous la perte est la même, et ainsi cette perte est infinitésimale. C’est qu’on ne pourrait perdre ni le passé ni l’avenir. Car ce que vous n’avez pas, comment vous l’ôter ? (…) L’homme assuré de très nombreuses années, et l’homme qui est en train de mourir, ne perdent pas plus l’un que l’autre. En effet, le présent est le seul bien dont ils seront privés, puisque enfin ils ne possèdent que celui-là. (Livre II. 14)

En tant qu’être humain nous ne possédons que le présent, puisque le passé a fui et le futur n’est pas encore. Marc Aurèle choisit de se concentrer sur le présent. Il est notre seul bien et nous devons le mettre à profit. D’accord mais comment ?

La durée de la vie de l’homme ? Un point. (…) En un mot, tout le corps n’est qu’un fleuve: toute l’âme, un songe et une fumée ; la vie, un combat, une halte en pays étranger (…) Qui donc peut nous guider ? Une seule et unique chose, la philosophie. (Livre II. 17)

Cet extrait nous apprends deux choses : la vie de l’homme peut être représentée par un point et la philosophie doit guider cette vie. Dans la conception de Marc Aurèle, vivre selon la philosophie signifie vivre par la raison. La gloire et le plaisir sont éphémères, l’homme doit veiller à sa conduite. Autrement ce sont nos actes qui définissent de la qualité de notre vie.

Agir est le maître mot. Et l’action est plus accessible lorsqu’on se visualise la vie comme un point. Pourquoi ? Comparons le schéma suivant avec le premier de l’article (perception linéaire). On voit clairement que le présent y est libre et indépendant du passé et du futur. Nous sommes un point libre et indépendant du passé et du futur. Les possibilités sont donc infinies. Seules nos actions détermineront notre chemin. C’est à nous de choisir où l’on veut aller.

Quand vous devez prendre une décision, quand vous hésitez à faire quelque chose jugé de risqué, visualisez votre vie comme un point : seul vous décidez où vous serez demain.

En guise de conclusion, une dernière citation :

«Voici la morale parfaite : vivre chaque jour comme si c’était le dernier ; Ne pas s’agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant.»